Une île vit avec ses ports. En Corse, ce sont surtout des ports de plaisance et de pêche, des quais, des capitaineries, des môles et des digues — rarement de vastes infrastructures industrielles ou de grandes friches portuaires comme on en trouve sur le continent. Ce bâti et ces ouvrages vieillissent, s'aménagent, doivent composer avec le littoral. À chaque projet, la même première étape s'impose : un relevé fiable de l'existant. Le relevé 3D s'y prête particulièrement bien.
Méditerranée et Atlantique : deux réalités
Relever un port ne se pense pas de la même façon selon la façade maritime.
En Méditerranée, et donc en Corse, le marnage est très faible — quelques dizaines de centimètres. Le niveau de l'eau est quasi stable : pas de fenêtres de marée à guetter, un rattachement altimétrique simplifié, une logistique de relevé allégée. Les enjeux se situent ailleurs : surcotes de tempête, houle, et évolution du trait de côte sur le long terme.
Sur la façade Atlantique, au contraire, le marnage atteint plusieurs mètres. Les grandes infrastructures portuaires, hangars et bassins y sont plus fréquents, et l'intervention se cale sur les cycles de marée : la partie basse des ouvrages n'est accessible qu'à certaines heures, et la bathymétrie tidale prend tout son sens. Deux contextes différents, une même exigence de précision — nous savons travailler dans l'un comme dans l'autre.
Combiner les outils : du plan d'eau au faîtage
Aucun outil ne suffit seul. La force est dans la combinaison, pour obtenir une donnée continue :
- le scanner laser 3D pour le bâti émergé — capitaineries, quais, appontements, petits bâtiments portuaires ;
- le drone pour les linéaires de quais, les môles, les digues et les zones difficiles d'accès au sol ;
- la bathymétrie (via notre partenaire) pour la partie immergée des ouvrages, lorsque le projet la touche — enjeu plus marqué sur l'Atlantique et son marnage.
Le tout est ramené dans un même référentiel géoréférencé : une base cohérente, du pied d'ouvrage sous l'eau jusqu'au sommet des bâtiments.
L'altimétrie et le risque littoral
Même là où le marnage est faible, l'altimétrie reste déterminante. Nous rattachons le relevé au système de référence NGF pour situer chaque niveau — arase de quai, sol de capitainerie, seuil de porte — par rapport aux niveaux marins de référence. En Corse, c'est la base pour évaluer l'exposition d'un aménagement aux surcotes de tempête et à la montée du niveau marin, et pour concevoir en conséquence. Sur l'Atlantique, ce rattachement dialogue en plus avec l'amplitude des marées.
Un atout insulaire
Sur ces missions, la proximité compte. Être présent en Corse, c'est intervenir vite sur un port, revenir capter une session complémentaire, sans le délai ni le coût d'acheminement d'une équipe venue du continent. Pour les maîtres d'œuvre et bureaux d'études qui travaillent sur le littoral corse, disposer d'un partenaire relevé sur place change la logistique d'un projet.
Selon l'usage, nous livrons le niveau juste nécessaire — nuage de points, plans, coupes et profils, jusqu'à la maquette BIM si le projet la réclame.